Johan Lolos: climate defines lifestyle

 

Interview with Johan Lolos · Photographs by Johan Lolos

 

Grec dans ses origines, Johan Lolos est né et a vécu toute sa vie en Belgique. Fan de mangas durant l’adolescence, il a cherché pendant quelques années à comprendre qui il était et ce qu’il voulait. Après des études de communication qui l’ont conduit à Bruxelles, Johan fait le choix de partir à l’aventure pour quelques années en choisissant de décoller pour l’Océanie. C’est là qu’il va se faire remarquer sur les réseaux sociaux pour son talent de photographe et qu’il va professionnaliser la chose. Dans cette interview, nous revenons sur le parcours de cet homme qui ne se prédestinait pas totalement à la photographie, et sur son aventure de 5 mois à travers l’Europe et la Méditerranée.

Greek in his origins, Johan Lolos was born and lived all his life in Belgium. This manga fan during his adolescence, has been trying for a few years to understand who he was and what he wanted. After studying communication, which led him to Brussels, Johan decided to go on an adventure for a few years, choosing to take off on a trip to Oceania. This is when he will be noticed for his talent as a photographer on social networks and that he will professionalize his activity. In this interview, we come back to the journey of this man who was not totally predestined for photography, and to his 5-month adventure through Europe and the Mediterranean.

Bardenas desert, Spain

Loutro, Greece

JOHAN, PEUX-TU NOUS PARLER DE TOI ET DE TA JEUNESSE EN BELGIQUE ?
J’ai grandi à la campagne et au calme dans un petit village proche de Liège. Mon enfance, du moins jusqu’au primaire, a été marquée par une évolution dans un milieu villageois où la famille avait une place importante. De mes 12 à mes 18 ans j’ai découvert la vie en ville car pour entrer au collège j’ai dû me rendre à Verviers, ville de taille moyenne non loin de mon village. Jusque là rien de fou. J’étais bon élève et j’avais une petite passion pour les mangas à mon adolescence. Ne sachant pas quoi faire après l’obtention de mon bac je me suis orienté vers HEC, option Marketing, tout en vivant encore chez mes parents. J’ai rapidement réalisé que ce n’était pas mon truc, et j’ai donc finalement abandonné, avant de me lancer dans deux années d’informatique, toujours à Liège. Ces années ont été un peu déprimantes car je ne me sentais pas concerné par ce que je faisais. J’ai néanmoins poursuivi pour faire plaisir à mes parents. Heureusement que les mangas étaient là pour m’aider à m’évader. J’y consacrais environ 50 balles par semaine, c’était de la surconsommation. Après trois années à me forcer, j’ai finalement annoncé à mes parents que je mettais fin à mes études d’informatique pour me rendre à Bruxelles où j’allais entamer un cursus en communication. Je quittais finalement la maison familiale pour une colocation avec d’autres étudiants. Mes parents n’étaient pas chauds pour me suivre dans l’aventure et j’ai donc dû m’autofinancer, en parallèle de mes études, en travaillent au Pizza Hut du coin pendant cinq ans. Ça a été une vraie révélation car j’adorais ce que je faisais et ma vie dans la capitale Belge. De plus, je tenais un blog de musique et je m’investissais également avec une association étudiante, deux grandes passions lors de mes cinq années passées sur place. Le blog m’a permis d’obtenir des accréditations pour des concerts, c’est comme ça que j’ai commencé la photographie.

PENSES-TU QUE TU ÉTAIS PRÉDESTINÉ À DEVENIR PHOTOGRAPHE ?
Oui et non. À chaque fois que je partais en vacances avec mes parents en Grèce, nous y allions souvent car mes parents sont grecques, j’avais toujours sur moi un petit appareil photo jetable. Je m’en souviens très bien. Je demandais de l’argent à mes parents pour me rendre à la boutique de souvenirs pour y acheter 3 ou 4 appareils par voyage. J’adorais ça. Prédestiné je pense que oui finalement, mais c’est une activité que je n’ai jamais pratiquée lors de mes études. Je ne me suis jamais dit que je deviendrais peut-être photographe. Mais c’est vrai que très vite, durant mes études, j’ai acheté un appareil photo reflex pour me faire la main. C’était en moi et ça s’est fait naturellement.

FAIRE DE LA PHOTOGRAPHIE SON MÉTIER ÇA NE DOIT PAS ÊTRE ÉVIDENT. QUEL A ÉTÉ LE DÉCLIC QUI T’A FAIT FRANCHIR CE CAP ?
Le déclic est arrivé lorsque des clients ont commencé à m’approcher, grâce à Instagram. Mes études terminées, j’ai décidé de m’envoler pour l’Australie. J’étais âgé de 24 ans et je n’avais encore jamais quitté l’Europe, c’est venu tout naturellement de ne pas entrer dans la vie active immédiatement. J’ai donc pris un aller simple pour l’Australie en me disant que je verrai bien, l’idée étant de voyager plusieurs années. En Australie je postais des photos sur Instagram pour mes potes, puis certains comptes influents ont découvert mes photos qu’ils ont reposté. J’ai gagné en abonnés et je me suis pris au jeu pendant un an avant de partir pour la Nouvelle-Zélande. C’est là que les choses se sont mises en place véritablement et se sont professionnalisées. J’ai fait le choix, à cette époque, de vivre de la photo.

JOHAN, CAN YOU TELL US ABOUT YOURSELF AND YOUR YOUTH IN BELGIUM?
I grew up in the countryside in a quiet village near Liège. My childhood, at least until primary school, was characterized by a living in a rural environment where the family had an important place. From 12 to 18 years old I discovered city life because I had to go to Verviers, a medium-sized city not so far from my village, to enter secondary school. So far nothing crazy. I was a good student and had a passion for manga as a teenager. Not knowing what to do after graduating from high school, I turned to HEC, with a marketing option, while I was still living with my parents. I quickly realized that this was not my thing, and so I finally gave up, before embarking on two years of computer science, still in Liege. These years were a little depressing because I didn't feel concerned about what I was doing. Nevertheless, I continued to do so to please my parents. Fortunately, the mangas were there to help me to escape. I was spending about 50 bucks a week on it, it was overconsumption. After three years of trying to force myself, I finally told my parents that I was quitting my computer studies to go to Brussels where I was going to start a course in communication. I finally left the family home for a shared apartment with other students. My parents were not keen to follow me in the adventure and so I had to pay by myself, and work at the local Pizza Hut for five years in parallel of my studies. It was a real revelation because I loved what I was doing as well as my life in the Belgian capital. In addition, I ran a music blog and I was also involved with a student association, two great passions during my five years there. The blog allowed me to get accreditations for concerts, that's how I started photography.

DO YOU THINK YOU WERE PREDESTINED TO BECOME A PHOTOGRAPHER?
Yes and no. Every time I went on holiday in Greece with my parents, where we often travelled since my parents are Greek, I always had a small disposable camera with me. I remember asking my parents for money to go to the gift shop to buy 3 or 4 devices per trip. I loved it. Predestined, I eventually guess so but photography is an activity I never did during my studies. I never thought I might become a photographer. But it's true that very quickly, during my studies, I bought a reflex camera to practice. It was inside me and it happened naturally.

MAKING PHOTOGRAPHY YOUR PROFESSION MUST NOT BE EASY. WHAT WAS THE IMPULSE THAT BROUGHT YOU TO THIS POINT?
The impulse came when customers started to approach me, thanks to Instagram. When I finished my studies, I decided to fly to Australia. I was 24 years old and had never left Europe before, to me it was a logical choice not to enter the working world immediately. So I took a one-way ticket to Australia and told myself that it would be fine, the plan was to travel for several years. In Australia I posted pictures on Instagram for my friends, then some influential accounts discovered my pictures and reposted them. My number of followers increased and I got hooked on the game for a year before leaving for New Zealand. That's when things really started and became more professional. At that time, I made the choice to live from photography.  

QUELS SONT LES MOMENTS DE LA JOURNÉE LES PLUS FAVORABLES POUR SHOOTER SELON TOI ?
Rien de nouveau : au petit matin et en fin d’après-midi lorsque le soleil est descendant. Je ne shoote quasiment jamais en pleine journée pour des raisons de lumière et parce qu’en journée je suis trop occupé sur d’autres tâches. Par exemple, lorsque je suis en trip, je dois conduire d’un point A à un point B, souvent sur plusieurs centaines de kilomètres. Puis je dois bosser, je dois retoucher mes photos, envoyer des mails, etc.

D’OÙ VIENT L’INITIATIVE DE TON LIVRE « PEAKS OF EUROPE » ?
L’initiative est venue de l’envie de découvrir l’Europe avec un œil de photographe. J’ai beaucoup voyagé en Europe étant adolescent mais jamais avec une vision photographique. Ces dernières années j’ai programmé pas mal de trips hors Europe, et je me suis simplement dit que j’allais découvrir les paysages européens et leur diversité lors d’une grosse aventure de cinq mois. Durant le voyage j’ai commencé à documenter mon aventure et à réaliser des story sur Instagram, puis à poster des séries de photos tous les jours, qui ont fini par faire une belle histoire. Ce sont mes abonnés qui m’ont suggéré d’en faire un livre. J’ai finalement suivi cette suggestion en combinant tous ces posts et toutes ces story pour en faire un bouquin. C’est vrai qu’avant le départ je me suis dit que ce serait intéressant de retracer le trip dans un ouvrage, mais ce n’était pas l’objectif. La demande m’a motivée et je me suis lancé.

145 JOURS, 40 000 KM PARCOURUS, 17 PAYS TRAVERSÉS. COMMENT PRÉPARE-T-ON UN TRIP COMME CELUI-CI ?
Le projet est né plus ou moins six mois avant le départ. C’est évidemment un gros travail de préparation et un énorme investissement dans le démarchage de sponsors. J’ai passé beaucoup de temps sur les sponsors entre janvier et mai 2017, mois du départ pour le trip. Dès janvier je connaissais déjà mon itinéraire car j’avais besoin d’un dossier solide à présenter, du moins dans les grandes lignes. En effet, je n’avais pas encore identifié le tracé final, mais j’avais connaissance des pays que j’allais traverser et que le livre se diviserait en trois grandes parties. La préparation de la voiture m’a pris également du temps car il fallait bien l’équiper. J’ai finalement pris la route, le tracé initialement envisagé n’a pas pu être respecté à cause des aléas rencontrés en chemin.

ACCORDING TO YOU, WHAT ARE THE MOST FAVOURABLE MOMENTS OF THE DAY FOR SHOOTING?
Nothing new: in the early morning and late afternoon when the sun is coming down. I almost never shoot in the middle of the day because of the light and because I am too busy with other tasks. For example, when I am on a trip, I have to drive from point A to point B, often for several hundred kilometers. I also have to work on other things, to edit my photos, to send emails, etc.

WHERE DID THE INITIATIVE FOR YOUR BOOK “PEAKS OF EUROPE” COME FROM?
The initiative came from the desire to discover Europe with the eye of a photographer. I travelled a lot in Europe as a teenager but never with a photographic vision. In recent years I've scheduled a lot of trips outside Europe, and I just thought I would discover the European landscapes and their diversity during a big five-month adventure. During the trip I started documenting my adventure and creating stories on Instagram, then posting series of photos every day, which ended up making a great storyline. It was my subscribers who suggested that I make a book out of it. I finally embraced this suggestion by combining all these posts and stories to make a book. It's true that before the start I thought it would be interesting to retrace the trip in a book, but it wasn't the objective. The request motivated me and I started.

145 DAYS, 40,000 KM AND 17 COUNTRIES. HOW DO YOU PREPARE A TRIP LIKE THIS?
The project was born about six months before the departure. It is obviously a lot of preparation work and a huge investment in soliciting sponsors. I have spent a lot of time on sponsors between January and May 2017 when the trip started. As early as January I already knew my itinerary because I needed a solid presentation to show, at least in broad terms. Indeed, I had not yet identified the final route, but I knew the countries I was going to cross and that the book would be divided into three main parts. The preparation of the car also took me some time because it had to be equipped. I finally took the road, the route initially envisaged could not be respected because of the hazards encountered along the way.

Pyrenees, France

Durmitor, Montenegro

COMME ON LE DISAIT, IL T’A FALLU 145 JOURS POUR BOUCLER L’AVENTURE. PEUX-TU NOUS RACONTER DES ANECDOTES DE TON REPORTAGE ?
La voiture m’était prêtée par Toyota qui est l’un de mes sponsors, et ni eux ni moi n’avons pensé à vérifier les papiers de l’assurance. Après avoir avalés la partie nord du trip on s’apprête avec ma copine, vers le 1er juillet, à partir pour la Grèce depuis Liège. C’était le début des soldes, il y avait des foules entières sur la route, et on devait s’arrêter pour faire une course. C’est tout bête mais une voiture nous rentre dedans. Ça m’oblige donc à sortir les papiers de la voiture pour effectuer le constat. Je me rends compte, en prenant l’assurance, qu’elle expire un mois plus tard alors que nous devions partir pour la suite du trip qui allait s’étaler sur trois mois. Suite à ça je téléphone en urgence à mon ami chez Toyota en lui expliquant la situation. On trouve finalement une solution assez simple puisqu’il m’envoie la nouvelle assurance par mail. Nous partons. Un mois après, la veille du départ de Grèce, alors qu’on devait passer la frontière avec la Macédoine qui est hors de l’Union Européenne, j’anticipe que les douaniers vont peut-être nous demander les papiers du véhicule. N’ayant que la version numérique de l’assurance je me rends sur des forums en ligne pour glaner des informations. C’est là que je découvre qu’il faut bien avoir tous les papiers officiels et originaux pour traverser la frontière. Après trois semaines en Grèce nous ne savions pas vraiment quoi faire car nous devions nous rendre en Croatie pour poursuivre le trip, qui plus est un vendredi soir. Plutôt que la frontière, on a opté pour une autre solution qui consistait à rouler jusqu’à la côte grecque pour prendre un bateau pour l’Italie, avant d’en prendre un autre pour la Croatie. Ça nous a permis de contourner tous les pays des Balkans hors Union Européenne. Une fois en Croatie mon contact chez Toyota nous a envoyé l’assurance au format original. Nous avons repris la route et traversé les Balkans dans le sens inverse de celui que nous avions programmé au départ, c’est-à-dire du nord vers le sud. Ce petit détour et l’attente des papiers en Croatie ne nous ont pas permis de faire la Macédoine, la Bosnie et le Kosovo comme nous l’avions prévu.

LA TRAME DE TON LIVRE SE DÉROULE DANS 3 GRANDES RÉGIONS QUI SONT : LES ALPES, LES BALKANS ET LE NORD. POURQUOI LES BALKANS ET LA MÉDITERRANÉE ?
D’un point de vue photographique je savais que ça ne m’inspirerait pas autant que les sommets du Nord et des Alpes. Comme je disais, mes parents sont grecques et je considère avoir reçu une éducation à la grecque, sans parler du fait que de mes 14 ans à mes 20 ans j’ai passé tous mes étés sur place. Ça faisait dix ans que je n’avais plus mis un pied en Grèce et je me suis dit qu’à l’été 2017, trip ou pas trip, j’irai. L’idée du bouquin étant là je me suis dit qu’il fallait que je passe par la Grèce, et très naturellement l’idée est venue de traverser les Balkans. Cette route que nous avons emprunté est la même que sillonnait mon grand-père il y a une trentaine d’années lorsqu’il se rendait en Belgique depuis la Grèce. De plus, les Balkans sont une partie de l’Europe que je ne connaissais pas du tout et que j’avais envie de découvrir.

GRÈCE, CROATIE, ALBANIE, ET MONTÉNÉGRO. QUELS SONT LES LIEUX QUI T’ONT VRAIMENT MARQUÉS DANS CES 4 PAYS ?
Je dirais que celui qui m’a le plus inspiré d’un point de vue photographique est le Parc Naturel de Durmitor au Monténégro. Nous n’avons traversé que la partie nord de l’Albanie mais j’ai été très agréablement surpris par les paysages qui sont dignes des Pyrénées. De plus, ces secteurs sont difficilement accessibles car les routes sont dans un état lamentable, et il y a donc très peu de personnes qui se promènent dans le coin. On est loin de tout et dans une Europe profonde et encore assez sauvage. En Grèce j’ai adoré la région des Météores mais également certains petits villages perdus qui  vivent encore au rythme des vagues. Du côté de la Croatie j’ai particulièrement apprécié la côte Dalmate, ça a été un gros coup de cœur.

AS WE SAID, IT TOOK YOU 145 DAYS TO COMPLETE THE ADVENTURE. CAN YOU TELL US SOME ANECDOTES FROM YOUR REPORTAGE?
The car was loaned to me by Toyota, which is one of my sponsors, and neither they nor I thought to check the insurance documents. After consuming the northern part of the trip we were getting ready with my girlfriend, around July 1st, to leave Liege for Greece. It was the beginning of the sales, the streets were crowded, and we had to stop to do some shopping. It's pretty stupid, but a car hit us. It forced me to take the papers out of the car to do the report. I realized, when I took the insurance, that it expired a month later while we were leaving for the rest of the trip that was going to last for three months. After that I call my friend at Toyota in an rush and explained the situation to him. We finally found a fairly simple solution because he just e-mailed me the new insurance. We left. A month later, the day before the departure from Greece, when we were supposed to cross the border with Macedonia, which is outside the European Union, I anticipated that the customs officers might ask us for the vehicule papers. Having only the digital version of the insurance, I went to online forums to gather information. That's when I discovered that you must have all the official and original documents to cross the border. After being in Greece for three weeks we didn't really know what to do because we had to go to Croatia to continue the trip, on a Friday evening. Rather than the border, another option was chosen, which was to drive to the Greek coast to take a boat to Italy, before taking another boat to Croatia. This allowed us to bypass all the Balkan countries that are not part of the European Union. Once in Croatia my contact at Toyota sent us the insurance in the original format. We took the road again and crossed the Balkans in the opposite direction to what we had originally planned, from north to south. This little detour and the wait for the papers in Croatia did not allow us to go to Macedonia, Bosnia and Kosovo as we had planned.

THE PLOT OF YOUR BOOK TAKES PLACE IN 3 MAIN REGIONS: THE ALPS, THE BALKANS AND THE NORTH. WHY THE BALKANS AND THE MEDITERRANEAN?
From a photographic point of view I knew that it would not inspire me as much as the summits of the north and the Alps. As I said, my parents are Greek and I consider myself to have received a Greek education, not to mention the fact that from the age of 14 to 20 I spent all my summers there. I hadn't set foot in Greece for ten years and I thought that in the summer of 2017, trip or no trip, I would go. The idea of the book being there in my mind, I thought I had to go through Greece, and very naturally the idea came to cross the Balkans. This road we took is the same one my grandfather followed about 30 years ago when he was travelling to Belgium from Greece. Moreover, the Balkans are a part of Europe that I did not know at all and that I wanted to discover.

GREECE, CROATIA, ALBANIA, AND MONTENEGRO. WHAT ARE THE PLACES THAT REALLY LEFT THEIR MARK ON YOU IN THESE 4 COUNTRIES?
I would say that the one that inspired me the most from a photographic point of view is the Durmitor Natural Park in Montenegro. We only crossed the northern part of Albania but I was very pleasantly surprised by the landscapes that are worthy of the Pyrénées. In addition, these areas are difficult to access as the roads are in a poor state, so there are very few people walking around. In Greece I loved the Meteora region but also some small lost villages that still live to the rhythm of the waves. On the Croatian side I particularly appreciated the Dalmatian coast, it was a big crush.

Albania

Cabo da Roca, Portugal

HUMAINEMENT TU RAMÈNES QUOI DANS TON SAC APRÈS 5 MOIS SUR LA ROUTE ?
On ramène une expérience culturelle très variée, très riche. On se rend compte pleinement que les modes de vie entre le Nord et le Sud de l’Europe sont absolument différents. Plus tu descends vers le Sud et plus les sourires se font nombreux sur les visages. Une grande bienveillance et une belle chaleur humaine se dégagent. J’adore le Nord d’un point de vue photo, mais c’est vrai que les gens sont très froids et moins accueillants. Je dirais qu’expérimenter cette diversité c’est déjà quelque chose d’incroyable. On prend conscience que le climat définit vraiment un style de vie et une forme de personnalité bien particulière. Cinq mois sur la route ce sont de très nombreux moments de partage également, que ce soit avec mes potes qui parfois faisaient un morceau de trip avec moi, aux côtés de ma copine pendant deux mois, et avec les personnes que j’ai pu rencontrer sur la route tout au long de l’aventure.

AS-TU QUELQUES CONSEILS À DONNER À NOS AMIS QUI UTILISENT INSTAGRAM ET QUI AIMERAIENT DÉVELOPPER LEUR INFLUENCE ?
Le meilleur conseil que je puisse donner c’est d’essayer d’être créatif et unique, surtout aujourd’hui avec la saturation du marché. Il reste peu de place à la créativité et donc, pour se démarquer, il faut vraiment apporter quelque chose de neuf qui n’a pas encore été vu et avoir un style très marqué. Passer du temps avec d’autres photographes et apprendre les bases de la photo me semble également important. La composition, la lumière, ces choses-là.

APRÈS LES 40 000KM PARCOURUS POUR RÉALISER TON LIVRE TU COMPTES METTRE LA BARRE PLUS HAUTE POUR LE PROCHAIN ?
Je ne sais pas si la barre sera placée plus haute en terme de kilomètres parcourus ou de jours, mais l’accessibilité sera plus complexe. Même si je n’ai pas la garantie que ça aboutisse j’aimerais réaliser un gros trip en Afrique ou à travers l’Asie. D’un point de vue logistique ça devrait être plus galère. C’est un rêve que j’ai, reste à déterminer la date. Les États-Unis ne me laissent pas indifférent également, et j’aimerais pouvoir y prendre la route.

LES TROIS MOTS DE LA FIN ?
Oufti. C’est un mot typiquement liégeois qui est employé pour marquer l’étonnement. Lacquement. Il s’agit d’un dessert belge qui prend la forme d’une gaufre aplatie enrobée d’un genre de sirop d’érable. Maquée. C’est un mixe entre fromage blanc et yaourt qu’on ne trouve qu’à Liège.

WHAT DO YOU BRING BACK IN YOUR BAG AFTER 5 MONTHS ON THE ROAD?
We bring back a very varied and rich cultural experience. We are fully aware that the lifestyles between northern and southern Europe are absolutely different. The further south you go, the more smiles on the faces. A great kindness and a beautiful human warmth are released. I love the north from a photo point of view, but it's true that people are very cold and less welcoming. I would say that experiencing this diversity is already something incredible. We are becoming aware that climate really defines a particular lifestyle and personality form. Five months on the road are a lot of moments of sharing as well, whether it was with my friends who sometimes did a piece of trip with me, with my girlfriend for two months, and with the people I met on the road throughout the adventure.

DO YOU HAVE ANY ADVICE FOR OUR FRIENDS WHO USE INSTAGRAM AND WOULD LIKE TO DEVELOP THEIR INFLUENCE?
The best advice I can give is to try to be creative and unique, especially today with the saturation of the market. There is little room left for creativity and therefore, to stand out, you really need to bring something new that has not yet been seen and have a very strong style.
Spending time with other photographers and learning the basics of photography also seems important to me. The composition, the light, those things.

AFTER THE 40,000KM COVERED TO MAKE YOUR BOOK, DO YOU PLAN TO SET THE BAR HIGHER FOR THE NEXT ONE?
I don't know if the bar will be set higher in terms of kilometres travelled or days, but accessibility will be more challenging. Even if I don't have the guarantee that it will work, I would like to make a big trip in Africa or through Asia. From a logistical point of view, it should be more difficult. It's a dream I have, but the date has yet to be determined. I am not indifferent to the United States either, and I would like to be able to take the road there.

THE THREE LAST WORDS?
Oufti. It is a typical Liège word that is used to express astonishment. Lacquement. It is a Belgian dessert in the form of a flattened waffle coated with a kind of maple syrup. Pimp. It is a mix between cottage cheese and yoghurt that can only be found in Liege.

Algarve, Portugal

Navagio, Greece