La voie du grimpeur

 

Interview with Raphaël Fourau · Photographs by Raphaël Fourau

 

Raphaël Fourau est un photographe spécialisé dans l’escalade, le voyage, et les sports outdoor. Après une jeunesse dans l’Aveyron où il grimpe ses premières parois rocheuses, il décide de quitter les bancs de la fac pour se consacrer à sa passion et devenir cordiste. Quelques années et voyages plus tard, Raphaël décide de poser ses valises à Montpellier, mélange purement méditerranéen entre terre et mer qui va devenir son terrain de jeu idéal. Depuis, il ne cesse de s’élancer dans le vide pour photographier ces accros à l’adrénaline et ramener avec lui ces instants d’immortalité. Retour sur cet entretien où le photographe grimpeur nous livre ses expériences.

Raphaël Fourau is a photographer specialized in climbing, traveling, and outdoor sports. After his youth in the Aveyron where he climbs his first faces, he decides to leave the benches of the college to devote himself to his passion and become a cordist. A few years and trips later, Raphael decides to put his suitcases in Montpellier, a purely Mediterranean mix between land and sea that will become his ideal playground. Since then, he has been throwing himself in the air to photograph these adrenaline junkies and bring back with him these moments of immortality. Back to this interview where the climber and photographer gives us his experiences.

James Pearson s'amuse sur les falaises de Cassis, France

 
 

QUAND ET COMMENT ES-TU DEVENU PHOTOGRAPHE ?

J’ai débuté la photo grâce à l’escalade. J’ai toujours adoré l’image, plus jeune je dévorais les magazines et les vidéos. Avant que l’escalade n’accapare mon attention j’ai énormément pratiqué le skate, une discipline où l’image a toujours eu une place primordiale. Je crois que ça a joué dans ma sensibilisation à l’image, que ce soit la photo ou la vidéo. J’ai toujours fait partie de ceux qui recherchent le nom du photographe avant de lire la légende. Puis l’escalade est entrée en jeu et lors d’un voyage avec des amis sur une falaise espagnole, il y’a une dizaine d’années, j’ai profité d’un jour de repos pour monter sur une corde et faire quelques photos. Je me suis rendu compte que c’était le moyen de témoigner de ma vision de la grimpe, et qu’avec un peu d’implication je serais peut-être capable de produire ces photos d’escalade qui me font vibrer depuis toujours. Ça m’a fasciné. J’ai vite eu mes premières publications puis quelques commandes, suffisamment pour prendre le risque de quitter mon job salarié et devenir photographe professionnel.

QUEL A ÉTÉ TON PREMIER AMOUR ENTRE ESCALADE ET PHOTOGRAPHIE ? À QUEL MOMENT AS-TU DÉCIDÉ DE LES ASSOCIER ?

L’escalade, sans aucun doute ! J’ai découvert l’escalade avec mes parents lorsque j’étais jeune, mais à l’époque, même si j’aimais bien grimper, je préférais skater avec mes potes plutôt que traîner en falaise avec mes parents. Le virus m’a rattrapé vers 16 ou 17 ans, et très vite l’escalade est devenue une obsession. Comme le surf pour certains, l’escalade est devenue mon mode de vie. Je suis devenu cordiste, ça me semblait être le meilleur moyen de passer l’essentiel de mon temps pendu dans un baudrier. Puis est venu le temps des voyages avec les copains, à la découverte des plus beaux spots. C’est à ce moment qu’est arrivée la photo. C’était un moyen de témoigner de notre mode de vie, du monde qui m’entourait, les virées en van, les spots incroyables. Durant les premières années l’escalade et la photo n’ont jamais été dissociées, c’était un tout, presque logique.

 
 

WHEN AND HOW DID YOU COME TO PHOTOGRAPHY?

I started photography with climbing. I always loved images, during my youth I was devouring magazines and videos. Before climbing caught my attention I practiced skateboarding a lot.  it is a discipline where the image has always had a primordial place. I think it played in my awareness of the image, whether it is of the photos or videos. I have always been one of those who look for the name of the photographer before reading the legend. Then climbing came into play and during a trip with friends on a Spanish cliff ten years ago, I took a day off to get on a rope and do some pictures. I realized that this was the way to testify to my vision of climbing, and that with a little involvement I might be able to produce these climbing photos that have always thrilled me. It fascinated me. I quickly got to be published a few times and had some orders, enough to take the risk of leaving my salaried job and becoming a professional photographer.

WHAT WAS YOUR FIRST LOVE, CLIMBING OR PHOTOGRAPHY? WHEN DID YOU DECIDE TO COMBINE THEM?

Climbing, without a doubt! I discovered climbing with my parents when I was young, but at the time, although I liked climbing, I preferred to skate with my friends rather than hanging out on a cliff with my parents. I caught the virus around 16 or 17, and climbing quickly became an obsession. Like surfing for some, climbing has become my way of life. I became a cordist, it seemed to be the best way to spend most of my time hanging in a harness. Then came the time to travel with friends and discover the most beautiful spots. That's when the photo intervened. It was a way to testify to our way of life, the world around me, the van rides, the incredible spots. During the first years climbing and photography were never dissociated, to me it was an almost logical whole.

 
 
 

« C’était un moyen de témoigner de notre mode de vie, du monde qui m’entourait, les virées en van, les spots incroyables. Durant les premières années l’escalade et la photo n’ont jamais été dissociées, c’était un tout, presque logique. »

 
 
 

LE PORTRAIT SEMBLE ÉGALEMENT ÊTRE UN EXERCICE QUE TU AFFECTIONNES, QU’EST-CE QUI T’INSPIRE DANS UN PAYSAGE OU DANS UN VISAGE ?

C’est assez récent à vrai dire, mais c’est vrai que je m’intéresse de plus en plus au portrait. Même s’il m’est arrivé quelquefois de me frotter à l’exercice, je ne suis pas le roi du portrait studio ni de la photo de paysage ultra travaillée. En fait, de façon générale je ne suis pas un grand admirateur de la photo « posée », qu’il s’agisse d’un portrait ou d’un paysage. Pour l’un comme pour l’autre, je crois que ce qui m’inspire c’est l’histoire qu’ils racontent, celle qu’on devine au travers de l’image. Bien souvent c’est un point de départ pour une nouvelle aventure. Aussi belle et grandiose soit-elle, l’Islande aurait eu moins d’importance à mes yeux si elle n’avait été qu’un paysage intouchable, si notre but n’avait pas été d’y grimper, d’habiter ce paysage à notre façon. Il en va de même pour les portraits, j’aime m’attarder sur ce que ces visages racontent, peu d’intérêt à mon goût s’il ne s’agit simplement que d’esthétique.

Y-A-T’IL DES PHOTOGRAPHES QUI INFLUENCENT TON TRAVAIL ?

J’adore regarder le travail des autres photographes, je suis capable de passer des journées entières derrière mon écran à naviguer d’un site à un autre. Je ne sais pas s’ils influencent mon travail mais ils m’inspirent, c’est certain. Ils me donnent le courage de continuer dans la bonne direction et de ne pas succomber aux sirènes de la facilité. Ils sont nombreux et je pourrais vous en faire une longue liste mais si je dois n’en citer que quelques-uns : Julien Goldstein, Brice Portolano, Lars Schneider, Jérémy Bernard, François Lebeau ou encore Tara Kerzhner, qui est probablement la photographe d’escalade la plus créative et douée de ces dernières années !

 
 

THE PORTRAIT ALSO SEEMS LIKE AN EXERCISE THAT YOU ENJOY, WHAT INSPIRES YOU IN A LANDSCAPE OR IN A FACE?

It's quite new but it's true that I'm more and more interested in portraiture. Even if I have sometimes rubbed shoulder with the exercise, I am not the king of the studio portrait or ultra worked landscape pictures. In fact I am not a big admirer of "posed" photos, whether it is a portrait or a landscape. For both of them I believe that what inspires me is the story they tell, the one we can guess through the image. Often it's a starting point for a new adventure. As beautiful and grandiose as it is, Iceland would have been less important to me if it had been an untouchable landscape and if our goal had not been to climb and to live in this landscape our own way. It is the same for portraits, I like to dwell on what these faces tell, little interest for my taste if it is simply aesthetic.

ARE THERE PHOTOGRAPHERS WHO INFLUENCE YOUR WORK?

I love to watch the work of other photographers, I can spend whole days behind my screen to navigate from one website to another. I do not know if they influence my work but they inspire me for sure. They give me the courage to continue in the right direction and not succumb to the luring sirens of ease. They are numerous and I could make you a long list but if I have to mention only a few: Julien Goldstein, Brice Portolano, Lars Schneider, Jérémy Bernard, François Lebeau or Tara Kerzhner, who is probably the most creative and gifted climbing photographer of recent years!

 
 

L'un des shootings les plus éprouvants : 180 mètres d'escalade perché au-dessus du Verdon dans un dévers inhumain. Cédric Lachat libère « Hosanna », France

 
 

POUR PARVENIR À TE PLACER EN SITUATION DE RÉALISER DE TELS CLICHÉS SUR LES PAROIS TU DOIS NÉCESSAIREMENT ÊTRE UN GRIMPEUR TOI-MÊME. QUEL EST TON NIVEAU D’ESCALADE ?

Je vais vous dévoiler les coulisses du métier, mais pas forcément ! Généralement, on travaille sur ce qu’on appelle des « cordes fixes » qu’on attache au sommet des parois et sur lesquelles on évolue à l’aide d’un matériel adapté. Il faut donc avoir une bonne forme physique mais on ne doit pas systématiquement grimper les mêmes itinéraires que les athlètes qu’on photographie. Heureusement d’ailleurs, autrement on serait vite limité ! En revanche on ne devient pas photographe d’escalade par hasard, il faut avoir un minimum de connaissances du milieu et d’aptitudes. Effectivement, j’ai moi-même beaucoup grimpé, jusqu’à un niveau 8a. Mais je grimpe moins ces derniers temps. Après tant d’années dédiées à l’escalade, j’ai besoin de changer un peu d’air et de me consacrer à d’autres activités, comme le ski, le VTT ou le surf qui m’ont toujours attiré. Et puis lorsque je ne suis pas en déplacement pour le travail je me consacre à ma famille.

DANS UN MILIEU SI PARTICULIER, QUELLES SONT LES CONTRAINTES TECHNIQUES SPÉCIFIQUES ?

L’escalade, à l’image du ski ou du surf, fait partie de ces disciplines où on ne s’improvise pas photographe, il est difficile d’y « voler » des images. On pourra toujours faire une très belle photo de grimpe depuis le sol, d’un skieur dans une pente raide depuis un hélico, ou encore d’un surfeur depuis la plage, mais ça ne suffit pas à construire une carrière entière. Il faut être à l’aise dans le milieu qu’on photographie. Pour l’escalade, cela signifie qu’il faut être capable d’évoluer sur des cordes en sécurité, mais surtout qu’il faut connaître et anticiper l’espace dans lequel on va devoir travailler pendant le shooting. Sur nos cordes, pendus dans le vide, ce n’est pas comme au sol. Chaque mise en place ou déplacement est fastidieux. La marge de manœuvre est relativement faible et chaque falaise est différente. Lorsqu’on arrive sur le lieu du shooting il faut rapidement scanner le spot et décider de l’endroit où on va fixer notre corde en fonction de l’orientation, des mouvements du grimpeur, de l’environnement, et d’autres paramètres pour construire la photo que l’on a en tête. La particularité est vraiment liée à cette verticalité, ces cordes fixes sont notre zone de travail.

QUELLES SONT, SELON TOI, LES COMPOSANTES QUI FONT UN BON CLICHÉ D’ESCALADE ?

Je vois tellement de photos d’escalade que j’ai parfois l’impression que mon regard est un peu biaisé, mais il y’a toujours des images qui me font tomber de ma chaise ! Certaines composantes reviennent souvent : une lumière parfaite, l’attitude du grimpeur, la situation, l’émotion qu’elle dégage et les choix du photographe évidemment. Mais il n’y a pas de recette miracle, c’est l’alchimie de la photo qui en fait son charme et qui rend fou les photographes. Beaucoup de photographes pensent que la solution est l’utilisation du grand-angle, mais ce n’est pas si simple, ça peut vite tourner au carnage.  Il faut maîtriser son cadre, la distorsion, être à bonne distance du sujet et surtout éviter le déjà-vu !

AS-TU UN OU DEUX SITES FAVORIS POUR PHOTOGRAPHIER ET GRIMPER ?

Depuis quelques années j’essaye de me focaliser sur les sites méconnus du grand public, idéalement dans un cadre hors norme ou sur un caillou complètement taré. À ce petit jeu l’Islande sort clairement du lot, on a fait partie des premiers à ramener des photos d’escalade de là-bas. Tout le monde pensait que ça n’avait aucun intérêt pour la grimpe, alors que les possibilités sont incroyables si la météo est de votre côté. Le site de Flatanger en Norvège m’a également marqué, c’est le laboratoire du haut niveau. Une cave démesurée, inhumaine, dans un cadre à couper le souffle et loin de tout, au beau milieu des fjords. C’est ici qu’Ondra et ses confrères écrivent l’histoire de l’escalade moderne. Pour grimper je crois que mes sites favoris sont ceux proche de la maison, ceux sur lesquels je partage mes journées avec mes amis.

 
 

YOU MUST BE A CLIMBER YOURSELF TO BE ABLE TO PUT YOURSELF IN POSITION TO MAKE SUCH CLICHÉS ON THE WALLS. WHAT IS YOUR CLIMBING LEVEL?

I'll reveal behind the scenes of the job, but not necessarily! Generally we work on what are called "fixed ropes" that are attached to the top of the walls and on which we evolve using a special equipment. It is therefore necessary to be in good shape but one does not systematically have to climb the same routes as the athletes. Fortunately, otherwise we would be quickly limited! On the other hand one does not become a climbing photographer by chance, it is necessary to have a minimum of knowledge and aptitudes. Indeed, I myself climbed a lot to a 8a level. But I've not been climbing so much lately. After so many years dedicated to climbing, I need a change of scenery and devote myself to other activities such as skiing, mountain biking or surfing that have always attracted me. And when I'm not traveling for work I dedicated a lot of my time to my family.

IN SUCH A PARTICULAR ENVIRONMENT, WHAT ARE THE SPECIFIC TECHNICAL CONSTRAINTS?

Like skiing or surfing, climbing is one of those disciplines where you can not improvise as a photographer, it is difficult to "steal" images. We can always make a beautiful photo of climbing from the ground, of a skier on a steep slope from a helicopter, or of a surfer from the beach, but it is not enough to build a whole career. We must be comfortable in the environment we photograph. For climbing, it means that you have to be able to work safe on ropes, but above all you have to know and anticipate the space in which you will have to work during the shoot. On our ropes hanging in the air it's not like on the ground. Each set up or move is tedious. The room for maneuver is relatively small and each cliff is different. When you arrive at the shooting location, you must quickly scan the spot and decide where to fix your rope according to the orientation, the climber's movements, the environment, and other parameters to build the picture that you have in mind. The particularity is really related to this verticality: these fixed ropes are our work area.

WHAT DO YOU THINK ARE THE COMPONENTS THAT MAKE A GOOD CLIMBING SHOT?

I see so many climbing photos that I sometimes feel that my look is a bit biased, but there are still images that make me fall from my chair! Some components often come back: a perfect light, the attitude of the climber, the situation, the emotion that it releases and obviously the choices of the photographer. But there is no “magic bullet”, it is the alchemy of the photo that makes its charm and drives photographers crazy. Many photographers think that the solution is the use of wide-angle. But it is not so simple and it can quickly turn to carnage. It is necessary to control the frame, the distortion, to be a good distance from the subject and especially to avoid the déjà-vu!

DO YOU HAVE ONE OR TWO FAVORITE SITES TO PHOTOGRAPH AND CLIMB?

In recent years I try to focus on sites unknown to the general public, ideally in a non-standard environment or on a completely crazy rock. Iceland stands out at this game and we were among the first to bring back climbing photos from there. Everyone thought it would be of interest, while the possibilities are incredible if the weather is on your side. The site of Flatanger in Norway also marked me, it is the laboratory of the high level. A disproportionate and inhuman cave in a breathtaking setting, far from everything in the middle of the fjords. It is there that Ondra and his colleagues write the story of modern climbing. To climb, I believe that my favorite sites are those which are close to home, those on which I share my days with my friends.

 
 

À l'automne avec Antonin Cherbonnier, Cévennes

Antonin Cherbonnier, massif du Caroux

Preng Ing et Adrien Boulon aux aiguilles de Bavella, Corse

 
 

TU AS PHOTOGRAPHIÉ DE MANIÈRE PRIVILÉGIÉE UNE LÉGENDE VIVANTE DE L’ESCALADE QU’EST ADAM ONDRA. QUE PEUX-TU NOUS RACONTER DE CETTE COLLABORATION ?

Exact, j’ai travaillé pour la première fois avec Adam cet hiver, lors de son dernier passage en France. C’était une très belle rencontre, marquante. C’est un privilège de travailler avec la personne qui révolutionne la discipline dans laquelle on évolue. C’est un grimpeur hors norme qui repousse les limites de l’escalade avec une aisance et un talent déconcertant. Nous étions sur la falaise de Saint-Léger-du-Ventoux, il voulait essayer une voie extrême « flash », c’est-à-dire sans jamais l’avoir tentée, seulement guidé par les indications d’un autre grimpeur au sol qui connaît les mouvements. Je l’ai suivi pendant plusieurs jours avant sa tentative, il a accumulé les performances ahurissantes avant de pulvériser son objectif et de réaliser le premier 9a+ flash de l’histoire. Lorsque nous nous sommes quittés je lui ai dit « Maintenant je sais pourquoi Ondra est Ondra ».

PEUX-TU NOUS CITER UN MOMENT FORT DANS TA CARRIÈRE DE PHOTOGRAPHE ?

Il y en a eu quelques-uns, mais je me souviendrai longtemps de la découverte du site de bloc des Vestrahorn en Islande. Après plusieurs jours d’escalade sur des sites incroyables, un grimpeur islandais nous a proposé de nous faire découvrir ce site de blocs dont nous avions vaguement entendu parler. Quelques heures plus tard, notre 4x4 filait à toute allure sur un chemin de terre en direction de la pointe Sud-Est de l’île. Pour seul horizon l’océan qui se rapprochait de plus en plus, et peu d’espérance quand à un site de grimpe digne de ce nom. Le 4x4 de notre guide Eytor plongeait alors à toute vitesse sur sa gauche, fendant l’océan pendant plusieurs centaines de mètres au travers de la lagune. Vision surréaliste de deux 4x4 roulant au beau milieu de l’océan, bercés par la lumière de minuit, d'un jour sans fin. Nous retrouvions finalement le chemin et remontions jusqu’au sommet de la colline avant de tomber nez à nez avec le fameux chaos de bloc des Vestrahorn. Un spot sans fin, situé là où le monde s’arrête, en territoire Viking. Malgré l’heure avancée et les conditions météos apocalyptiques, nous avions fait le tour du propriétaire jusqu’à 2h du matin. S’en étaient suivis deux jours d’escalade intenses avant de nous avouer vaincus par le froid mordant et le vent incessant. Les photos ont fait le tour des rédactions spécialisées. De loin le souvenir le plus fort de ma carrière de photographe.

QUELS PROJETS À VENIR OCCUPENT TON ESPRIT EN CE MOMENT ?

Principalement un sujet sur un personnage que j’ai rencontré cet hiver lors d’un voyage dans les îles Lofoten. Il s’agit d’un barbu de 2 mètres de haut, digne descendant des Vikings et skieur fanatique qui partage son temps entre sa vie sur son bateau centenaire au milieu des fjords, et sa vie de famille et de fabricant de chocolat dans une petite ville norvégienne. J’aimerais également retourner en Irlande du Nord pour poursuivre un sujet sur un grimpeur local aussi doué que charismatique. Et puis je suis à la recherche d’un nouveau voyage hors du cadre pour le printemps prochain. Pourquoi pas dans les pays de l’Est, ou au soleil pour changer un peu !  

QUELQUES MOTS EN GUISE DE CONCLUSION ?

Grâce à mon métier de photographe j’ai la chance de découvrir des sites naturels incroyables. De nos montagnes en passant par le bord de la mer Méditerranée, jusqu’aux territoires les plus éloignés, au-delà du cercle polaire. Ils sont un terrain de jeu fabuleux, notre terrain de jeu, pour peu qu’on le respecte et qu’on en prenne soin. Soyez responsables et respectueux de cette nature si nous voulons que nos enfants puissent s’y épanouir. Un grand merci au magazine Mediterranean Citizens Story pour l’intérêt porté à mon travail ainsi qu’à mes partenaires Patagonia et Black Crows pour leur soutien et leur amitié !

 
 

YOU HAVE PHOTOGRAPHED THE CLIMBING LIVING LEGEND THAT IS ADAM ONDRA IN A PRIVILEGED WAY. WHAT CAN YOU TELL US ABOUT THIS COLLABORATION?

Exactly, I worked for the first time with Adam this winter during his last visit in France. It was a very beautiful and striking meeting. It is a privilege to work with the person who is revolutionizing the discipline in which you operate. He is an exceptional climber who pushes the limits of climbing with ease and a disconcerting talent. We were on the cliff of Saint-Léger-du-Ventoux, he wanted to try to “flash” an extreme way, that is to say without ever having tried, only guided by the indications of another climber on the ground who knows the movements. I followed him for several days before his attempt, he accumulated amazing performances before spraying his goal and achieving the first 9a+ flash in history. When we left I said: "Now I know why Ondra is Ondra."

CAN YOU TELL US ABOUT A HIGHLIGHT OF YOUR CAREER AS A PHOTOGRAPHER?

There have been a few, but I will remember for a long time the discovery of the Vestrahorn bouldering site in Iceland. After several days of climbing on incredible sites, an Icelandic climber offered to introduce us to this site of blocks that we had vaguely heard about. A few hours later our 4x4 was speeding on a dirt road to the southeastern tip of the island. With only horizon the ocean which was getting closer and closer, and the little hope to find a climbing site worthy of the name. The 4x4 of our guide Eytor then dived at full speed on his left, dividing the ocean for several hundred meters through the lagoon. Surreal vision of two 4x4s driving in the middle of the ocean, lulled by the midnight light of an endless day. We finally found the path and went up to the top of the hill before coming face to face with the famous block chaos of Vestrahorn. An endless spot, located where the world stops, in Viking territory. Despite the late hour and the apocalyptic weather conditions, we went around the owner until 2am. There followed two intense days of climbing before we confessed defeated by the bitter cold and the incessant wind. The photos has gone around the specialized editorial offices. By far the strongest memory of my career as a photographer.

WHAT UPCOMING PROJECTS ARE IN YOUR MIND RIGHT NOW?

Mainly a topic about a man that I met this winter during a trip to the Lofoten Islands. He is a bearded 2 meter tall, worthy descendant of the Vikings and fanatical skier who divides his time between his life on his century-old boat in the middle of the fjords, and his life in family and as a chocolate maker in a small Norwegian city. I would also like to return to Northern Ireland to pursue a topic about a gifted and charismatic local climber. And I'm also looking for a new trip out of the box for next spring. Why not in Eastern countries, or somewhere under the sun to change a little!

A FEW WORDS AS A CONCLUSION?

Thanks to my profession of photographer I am lucky to discover incredible natural sites. From our mountains to the edge of the Mediterranean Sea or to the most remote areas beyond the Arctic Circle. They are a fabulous playground, our playground, as long as we respect it and take care of it. Let’s be responsible and respectful of this nature if we want our children to flourish. Many thanks to the magazine Mediterranean Citizens Story for the interest in my work and my partners Patagonia and Black Crows for their support and friendship!

 
 

James Pearson découvre son nouveau chez lui sur la falaise de Russan, France

 

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InterviewSébastien Leroy