Of Carnations and Heath

 

Words by François Ollivier · Photographs by François Ollivier

 

Depuis plus de 100 ans et traditionnellement le dimanche des Rameaux, le Corso Fleuri de la mi-Carême a lieu dans le village provençal de Roquebrune-sur-Argens. Pourquoi celui-ci est-il différent d’autres qui se déroulent également dans le Var ? Premièrement, c’est mon village. Deuxièmement, la spécificité des chars roquebrunois réside dans leur décoration à base de bruyère blanche dite arborescente. En effet, c’est à ce moment de l’année qu’elle est en fleurs et recouvre les collines.

For more than 100 years and traditionally on Palm Sunday, the Corso Fleuri of the mid-Carême has been celebrated in the Provençal village of Roquebrune-sur-Argens. But why is this one different from others that also take place in the Var? First of all, this is my village. Secondly, the specificity of roquebrunois chariots lies in their decoration based on white heather (known as arborescent). Indeed, it is at this season that it blooms and covers the hills.

Photos historiques, Roquebrune-sur-Argens

 

Fin mars 2019, la tradition a une fois de plus réuni des dizaines de bénévoles de tous âges, des amis ou des familles qui ont passé de longues journées et des nuits sans sommeil à tisser la fameuse bruyère dans du grillage à poules, à attacher un par un les 20 000 œillets qui ornent les chars. Avec des cure-dents. Un travail de bénédictin pour quelques heures de liesse populaire. Car il faut garder en tête que la seule vraie évolution qu’ont connue les corsos en un siècle, c’est le passage du cheval aux véhicules à moteur pour tracter les chars. Le reste, c’est à l’ancienne que ça se joue puisque les étapes de fabrication restent inchangées : fabrication du squelette en fer et grillage, décoration végétale, puis florale à la dernière minute pour garder les fleurs fraîches le plus longtemps possible. Quand j’ai contacté l’organisateur en début d’année, je lui ai fait part de mon souhait de documenter l'événement. En embrassant sa nature populaire et festive, je voulais raconter l’investissement d’une communauté dans ce petit bout de folklore anachronique bien vivant, me rapprocher de mes racines à travers mon savoir-faire. Mais je voulais aussi photographier les chars terminés en dehors du contexte de défilé, apporter un peu de surprise dans le récit. Et pour ces images en particulier, je me suis modestement inspiré du travail de Charles Fréger, notamment de sa série sur le festival des éléphants de Jaipur au Rajasthan, un genre de concours de beauté épique pour pachydermes. Ainsi, je souhaitais les voir apparaître dans un environnement relativement épuré pour les contempler pleinement et en entier, chose impossible une fois qu’ils pénètrent les ruelles sinueuses et bondées. Avec l’aide de la Police Municipale et non sans provoquer un bouchon monumental, j’ai réussi !

At the end of March 2019, the tradition once again brought together dozens of volunteers of all ages, friends and families who spent long days and sleepless nights weaving the famous heather in chicken wire, tying one by one the 20,000 carnations which adorns the chariots. With toothpicks. A Benedictine job for a few hours of popular jubilation. We must keep in mind that the only real evolution that the corsos have known in a century is the switch from horses to motor vehicles to haul the chariots. The rest is done the old-fashioned way, since the manufacturing steps remain unchanged: making the skeleton in iron and wire mesh, plant adornment, then floral decorations at the very last minute to keep the flowers fresh as long as possible. When I contacted the organizer at the beginning of the year, I told him about my wish to document the event. By embracing its popular and festive nature, I wanted to tell the story of a community's investment in this small piece of anachronistic folklore that is still alive, and to get closer to my roots through my work. But I also wanted to photograph the decorated chariots out of context in order to bring a little surprise to the story. And for these images in particular, I was modestly inspired by Charles Fréger's work, notably his series on the Jaipur Elephant Festival in Rajasthan, a kind of epic beauty contest for pachyderms. Thus, I wanted to see them appear in a sober environment to contemplate them completely, which is something that is impossible once they enter the sinuous and crowded streets. With the help of the Municipal Police and not without causing a monumental traffic jam, I succeeded!

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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