Once upon a time in Bardenas

 

Words by Sébastien Leroy · Photographs by Thomas Candela and Sébastien Leroy

 
 
 L'érosion façonne la roche pour lui donner cette forme singulière, Espagne

L'érosion façonne la roche pour lui donner cette forme singulière, Espagne

 
 

À couvert derrière un talus, nous étions à plat ventre allongés dans cette poussière qui emplissait nos narines et le fond de nos gorges. Les toussotements que provoquait l’irritation faisaient souffrir Jill, chaque vibration de son corps la ramenait à la blessure qui lui avait été infligée en poussant la porte de l’hôtel. L’éclat de son œil commençait doucement à s’incliner face aux vautours qui déjà pressentaient un repas de sang et de chair fraîche. Bien que protégés par nos foulards qui dissimulaient notre bouche et notre nez, la fine terre ocre s’immisçait partout où elle le pouvait. Nous étions cernés de toute part et j’avais pleine conscience que notre seule échappatoire se trouvait de l’autre côté de la rivière. Si nous pouvions atteindre le défilé cela nous permettrait d’être moins exposés au sifflement des balles et à une charge de la cavalerie qui, à cette heure, se fait de plus en plus pressante. Les nombreuses cartouches qui jonchent le sol rappellent combien nous avons résisté, et nous martèlent cette dure réalité.  Alors que j’engage mes derniers coups de feu Cheyenne tombe sans vie à côté de moi, tout comme la promesse d’avoir nos propres lopins de terre au bord de l’océan. Au loin, le clairon et le fracas des sabots qui chargent en notre direction se font entendre. Les quelques brutes parmi nous qui sont encore debout, dans un élan de désespoir, allument les derniers bâtons de dynamite et les propulsent vers l’assaillant avec toute la force qui reste en eux. Sans résignation j’accepte le sort qui est le nôtre à présent. Dans ce décor majestueux sculpté par le temps, la poignée de dollars dérobée le matin même ne nous sauvera pas plus que notre vanité. Alors que je tiens la main de Jill, je songe et entrevois ce rivage de l’Ouest auquel nous aspirions tant.

« L’éclat de son œil commençait doucement à s’incliner face aux vautours qui déjà pressentaient un repas de sang et de chair fraîche. »

Escondidos detrás de un montículo, nosotros estábamos acostados en este polvo llenando nuestras fosas nasales y el fondo de nuestras gargantas. Las toses provocadas por la irritación hizo que Jill sufriera, cada vibración de su cuerpo la devolvía a la herida que le habían infligido empujando la puerta del hotel. El brillo de su ojo empezaba lentamente a inclinarse delante de los buitres, que ya percibían una comida de sangre y de carne fresca. Aunque protegidos por nuestros pañuelos que ocultaban nuestra boca y nuestra nariz, la tierra fina rojiza interfería  por todo donde podía. Estábamos rodeados por todas partes y yo tenía conciencia de que nuestro único escape estaba en el otro lado del río. Si pudiéramos alcanzar el desfiladero, nos obligaría a estar menos expuestos al silbido de las balas y a una carga de caballería que, en este momento, es cada vez más cerca. Los cartuchos que están por el suelo nos recuerdan cuánto nos hemos resistido, y repiten esta dura realidad. Cuando me decido a dar mis últimos disparos, Cheyenne cae sin vida junto a mí, todo como la promesa de tener nuestras propias tierras junto al océano. A lo lejos, se escuchan el traqueteo de los zuecos que cargan en nuestra dirección. Los pocos brutos entre nosotros que aún están de pie, en un arranque de desespero, encienden los últimos cartuchos de dinamita y los propulsan hacia el atacante con toda la fuerza que les quedan. Sin resignación, acepto el destino que es el nuestro ahora. En este entorno majestuoso tallado por el tiempo, el puñado de dólares robados en la misma mañana no nos salvará más que nuestra vanidad. Mientras sostengo la mano de Jill, pienso y vislumbró la costa del oeste que anhelábamos tanto.

 
 
 Sur les routes du désert, Espagne

Sur les routes du désert, Espagne

 
 

S’il s’agit d’une fiction, comme Sergio Leone a excellé à les mettre en scène, c’est ce que votre esprit pourrait néanmoins imaginer à la vue du désert de Bardenas. Si certains prendront la direction de l’Ouest américain qui est synonyme de road movies débridés et de westerns spaghettis, d’autres poseront le pied dans ce lieu mythique du nord de l’Espagne. Avant que le cinéma ne restaure son image, le désert était perçu comme un lieu inhospitalier, voire hostile, où survivre n’était pas une mince affaire. C’est en 1939 que le 7ème art, par le biais de John Ford et de son film La Chevauchée Fantastique, va mettre à l’honneur ces espaces arides. Ce film relança le genre et fût un tremplin pour le réalisateur et pour John Wayne qui y crève l’écran.

 
 

Si se trata de una ficción, como Sergio Leone se ha destacado en la puesta en escena, es lo que su mente podría imaginar a la vista del desierto de Bardenas. Si algunos toman la dirección del oeste americano, que es sinónimo de « películas callejeras » desenfrenadas y spaghetti westerns, otros pisarán este mítico lugar en el norte de España. Antes de que el cine restaurara su imagen, el desierto era percibido como un lugar inhóspito, incluso hostil, donde la supervivencia no era una tarea fácil. Fue en 1939 que el séptimo arte, a través de John Ford y su película The Ride Fantastic, honrará estos espacios áridos. Esta película revivió el género y John Wayne que rompió la pantalla.

 
 
 
 

Lorsqu’on débarque dans ce lieu notre esprit vagabonde et s’émerveille de ce décor hors du commun, d’autant plus qu’il se trouve au 42° 11′ 27″ Nord, 1° 28′ 12″ Ouest, c’est-à-dire à deux heures seulement des Pyrénées. Le voyageur aura inévitablement la sensation de découvrir un nouveau continent, d’être un explorateur. Mais ne vous y trompez pas. Si la réserve naturelle n’est traversée que par des routes faites de terre, la voiture y est belle et bien autorisée, et vous n’aurez aucun mal à vous déplacer d’un point à l’autre. Vous pourrez néanmoins privilégier le vélo, la marche, ou encore le cheval car le parc est bien pourvu de sentiers pour randonner.

 
 

Cuando llegamos a este lugar nuestro espíritu errante y se maravilla de este entorno inusual, además porque se encuentra a 42 ° 11 '27 "norte, 1 ° 28' 12" oeste, es decir a solo dos horas de los Pirineos. El viajero inevitablemente tendrá la sensación de descubrir un nuevo continente, de ser un explorador. Pero no te dejes engañar. Si la reserva natural se cruza solo por caminos hechos de tierra, el coche está bien autorizado, y no tendrás problemas para moverte de un punto a otro. Aún puedes disfrutar en bicicleta, caminando o en caballo porque el parque está bien equipado con senderos para caminatas.

 
 
 Cabezo de las Cortinillas, Espagne

Cabezo de las Cortinillas, Espagne

 Virée sur l'une des crêtes, Bardenas

Virée sur l'une des crêtes, Bardenas

 Les strates de roche s'effondrent, Espagne

Les strates de roche s'effondrent, Espagne

 
 

Les Bardenas, qui désignent les pâturages, se trouvent au niveau de la dépression de l’Èbre. L’accumulation de sédiments déposés par des cours d’eau qui se jetaient dans ce qui était alors de nombreux lacs forme l’origine du désert. Effectivement, après l’assèchement des lacs, les sédiments composés majoritairement de marne se sont progressivement compactés. L’érosion, principalement due à l’action de l’eau et du vent, ont durant des millénaires sculptés la roche pour lui donner ses courbes et ses couleurs si typiques du lieu. Sur place, le détail est vraiment fascinant. Les structures sont décomposées en de nombreuses strates horizontales dont les couleurs fluctuent, passant de l’ocre au blanc. On y retrouve des collines, des falaises, des plateaux, de petits canyons, des steppes, mais également des cheminées de fée. La diversité des paysages et la quasi anomalie que représente ce désert à l’endroit où il se trouve ont fait la renommée du lieu. En 1999 le Parc naturel des Bardenas est créé puis déclaré Réserve de biosphère par l’UNESCO en 2000.

De nos jours, les paysages oniriques de cette terre d’ocre sont souvent prisés par les réalisateurs et autres producteurs de cinéma. De très nombreuses réalisations y ont été tournées, dont une célèbre série où le Royaume des 7 couronnes est en proie à la guerre. Cela n’est pas sans rappeler l’aventure d’un bandit qui trouve son dénouement dans le réel. Sancho Errota - surnommé « Prince des Bardenas » - et sa bande sévissaient au 15ème siècle. Pour stopper les 30 voleurs et lui-même, le roi Don Juan II qui souhaitait en finir lança 200 hommes à leur poursuite. En 1452, c’est au pied du Rallon que se déroula un violent affrontement. Les hommes d’Errota en déroute, et voyant qu’il allait être fait prisonnier, Sancho décida de se planter un poignard en plein cœur.

 

Las Bardenas, que se refieren a los pastizales, están al nivel de la depresión del Ebro. La acumulación de sedimentos depositados por las corrientes que tiraban en lo que entonces eran muchos lagos forma el origen del desierto. De hecho, después de que los lagos secaron, los sedimentos compuestos principalmente de marga se compactaron gradualmente. La erosión, principalmente debido a la acción del agua y del viento, ha esculpido la roca durante miles de años para darle sus curvas y colores tan típicos del lugar. En el lugar, el detalle es realmente fascinante. Las estructuras se dividen en muchos estratos horizontales cuyos las colores fluctúan del rojizo al blanco. Hay colinas, acantilados, mesetas, pequeños cañones, estepas, pero también chimeneas de hadas. La diversidad de los paisajes y la cuasi anomalía que representa el desierto en el lugar donde está, hace la reputación del lugar. En 1999, el Parque Natural de Bardenas fue creado y declarado Reserva de la Biosfera por la UNESCO en 2000.

Hoy en día, los paisajes de ensueño de esta tierra rojiza son a menudo apreciados por los realizadores y otros productores de películas. Se han logrado muchos logros, incluida una famosa serie en la que el Reino de las 7 coronas está en guerra. Esto es una reminiscencia de la aventura de un bandido que encuentra su desenlace en lo real. Sancho Errota, apodado "Príncipe de Bardenas", y su banda se enfurecieron en el siglo XV. Para detener a los 30 ladrones y a él mismo, el rey Don Juan II, que quería ponerle fin, envió 200 hombres en su persecución. En 1452, fue al pie del Rallon que hubo una confrontación violenta. Los hombres de Errota derrotados, y viendo que iba a ser tomado prisionero, Sancho decidió plantarse una daga en el corazón.

 
 
 Vue sur La Ralla, El Rallon, Angarillones et Pisquerra, Bardenas

Vue sur La Ralla, El Rallon, Angarillones et Pisquerra, Bardenas